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Jour 36 - Montée à O Cebreiro : route dure, clarifications importantes et veille d’anniversaire.

9 juillet

Notes du jour

Titre

Montée à O Cebreiro : route dure, clarifications importantes et veille d’anniversaire.

Où j’étais / étape

9 juillet : de La Portela de Valcarce vers O Cebreiro, avec passage envisagé par Vega de Valcarce et arrivée en altitude en fin d’après-midi.

Scène clé

Le 9 juillet a été l’un de ces jours où le Camino change de visage plusieurs fois. En milieu de journée, j’étais arrêté à La Portela de Valcarce, avec l’idée initiale de terminer l’étape à Vega de Valcarce. La route n’était pas incroyable : beaucoup d’asphalte, circulation proche, moins de poésie que sur d’autres tronçons. Catherine aussi, qui était plus en arrière vers Pereje, me confirmait la même sensation : parcours peu enthousiasmant.

Justement pour ça, au lieu de m’arrêter tôt, j’ai choisi de relancer : viser O Cebreiro. J’étais content de pouvoir y arriver, parce que j’avais entendu de tout le monde que c’était très beau. Je savais que ce serait plus exigeant et que je devrais pousser, mais je sentais que cette montée me remettrait dans le vrai Camino. Pendant ce temps, Andrius était déjà plus loin et nous sommes restés alignés à distance avec position et messages : à un moment, il m’a écrit qu’il avait trouvé une place à l’albergue des pèlerins et m’a envoyé le point exact, en me disant de continuer parce qu’il restait des lits. Ce genre d’aide, quand tu montes fatigué, compte énormément dans le bon sens.

En haut, un très beau coucher de soleil nous attendait aussi. Ça aurait été beau que Catherine nous rejoigne pour le vivre ensemble, mais ce jour-là elle s’est arrêtée environ 10 km avant.

Sur ce tronçon, un autre point était devenu clair pour moi : il n’y avait plus d’espoir de revoir le groupe d’Italiens (Stefano, Maddalena, Antonella, Matteo et les autres). Ils étaient passés à O Cebreiro environ une semaine avant, ils avaient pris le large, et c’était devenu concrètement impossible de les recroiser. Le même jour, j’ai aussi eu des nouvelles de Thomas : il était déjà allé jusqu’à Finisterre et revenu à Santiago ; je lui ai confirmé que j’avais décalé mon vol au 24 et que j’avançais plus tranquillement, justement pour ne pas perdre les personnes rencontrées sur la route.

Pendant l’après-midi, il y a eu un échange plus profond avec Catherine. Elle m’a écrit que me voir avancer jusqu’à O Cebreiro pouvait ressembler à une fuite, alors que je lui ai expliqué que ce n’était pas ça : j’avais perçu qu’elle avait besoin d’un peu d’espace et, en même temps, je voulais profiter de la journée pour rejoindre les autres avant mon anniversaire, afin qu’on se revoie tous puis passer le lendemain avec elle. Elle me l’a confirmé ensuite : elle avait besoin d’être un peu seule et était d’accord pour ne rien forcer et suivre le flux, mais comme elle ne pouvait pas lire dans ma tête, elle avait pensé que je fuyais. Je lui ai clarifié que ce n’était pas le cas.

On s’est dit les choses directement : elle m’a raconté qu’elle avait du mal à “deviner” mes pensées et préférait plus de clarté ; moi je lui ai dit que je ne fuyais pas et que je voulais continuer à partager le Camino avec elle, sans forcer. Au final, on s’est réalignés sur le principe le plus simple : aller avec le flux, sans rien imposer mais sans se fermer. Ce fut une clarification importante, humaine, qui a remis de l’ordre sans drame.

Pendant ce temps, je continuais la montée, elle gardait un rythme plus tranquille, mais avec une perspective claire : se retrouver le lendemain à O Cebreiro.

Arrivé à O Cebreiro, douche rapide puis soirée avec Andrius et Carla. L’atmosphère était totalement différente du fond de vallée : air frais, lumière plus nette, sensation de seuil. Dans les chats de groupe, les premiers messages d’anniversaire en avance commençaient déjà à arriver, et au coucher du soleil j’ai partagé une vidéo d’O Cebreiro : c’était la veille de mon anniversaire et l’endroit semblait parfait pour finir la journée, en offrant à boire à Carla et Andrius, qui étaient avec moi ce soir-là.

Plus tard, j’ai aussi échangé avec Francesco : il avait fait une étape très longue, presque un record personnel. En parlant d’Andrius, un détail m’a marqué : il avait perdu ses lunettes sur le chemin, était revenu en arrière, puis les avait retrouvées. Mais le soir, la meilleure chose était ailleurs : au dîner, Andrius était présent, souriant, dans les conversations, sans se réfugier dans le téléphone. De petits signes, mais forts.

Détail sensoriel

La fatigue de la montée finale, l’air qui se rafraîchit au fur et à mesure que tu montes, puis le coucher de soleil en altitude : une de ces fins qui vident les jambes mais remplissent la tête.

Ce que j’ai compris

Il y a des journées où il ne suffit pas d’arriver : il faut aussi clarifier, choisir, se réaligner. Et quand tu le fais, l’objectif pèse moins et vaut davantage.

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