Météo, retrouvailles et soirée donative à Viloria.
20 juin : départ à 6h30, arrivée en soirée à Viloria de Rioja.
Ce jour-là, j’ai commencé à marcher à 6h30. Le plan était de partir tôt, de prendre le petit-déjeuner en chemin, puis de marcher toute la matinée seulement, en restant à l’arrêt l’après-midi, parce qu’à partir de 16h de fortes pluies étaient prévues et je ne voulais pas marcher sous la pluie.
Arrivé là-bas, alors que j’étais dans un bar avec Francesco et Juan, à un moment j’entends crier derrière moi : “ooooohohhhhh”. Je me retourne et je vois un visage connu : c’était le Coréen que j’avais rencontré en France au début du chemin, avec qui j’avais passé une superbe soirée avec Thomas et Talia à écouter ses histoires racontées de façon très drôle. Nous ne nous étions plus reparlés ni revus, et ce fut magnifique de le recroiser ainsi, totalement par hasard, dans le même bar. Nous avons pris une photo puis nous nous sommes salués.
À 12h46, j’ai écrit à Catherine que j’avais réservé l’albergue à Viloria de Rioja. Elle m’a répondu à 14h00 en disant qu’elle était arrivée à Santo Domingo et qu’elle avait les pieds détruits par la douleur. Je lui ai demandé si elle avait des nouvelles de Giselle et elle m’a dit que la dernière fois qu’elle l’avait vue et entendue, c’était au restaurant la veille au soir, quand elle lui avait offert le dîner pour son anniversaire.
Ensuite, elle m’a écrit qu’elle allait boire une bière avec le garçon suisse que nous avions rencontré la veille. En soirée, elle m’a dit qu’elle s’ennuyait là-bas parce qu’elle ne reconnaissait aucun visage connu, et elle m’a demandé si j’étais seul ou avec quelqu’un de connu. J’avais aussi contacté le reste du groupe d’Orisson, et ils étaient tous derrière moi. Isabel était à Santo Domingo comme Catherine, mais elles ne se connaissaient pas, tandis que le reste du groupe était encore plus en arrière ; idem pour Chris et Jessica. Catherine commençait à perdre l’espoir qu’on puisse se revoir, mais en réalité ce n’était qu’une question de temps.
Je lui ai répondu que j’étais avec 3 Chinois et 1 Japonais et que nous dînions ensemble à l’albergue : ce soir-là, nous étions seulement nous 4 dans tout l’albergue. C’était un donativo, et il y avait aussi le dîner : on nous a servi une paella.
Journée étrange mais pleine : plan météo respecté, rencontre totalement inattendue au bar, puis une soirée simple.
Ce jour-là, une sensation est revenue très fort : tu changes de ville tous les soirs, mais tu retrouves toujours des visages connus sur la route. Certains, tu les connais à peine, d’autres davantage, et pourtant un sentiment de maison se crée même quand tu es en mouvement permanent.
Sur le chemin, même quand les plans changent à cause de la fatigue ou de la douleur, les liens restent vivants : parfois en présence, parfois par messages, mais le fil ne se rompt pas.
Hébergement à l’Albergue Parada Viloria (donativo), avec dîner inclus et ambiance très intime.
Si la lecture de ce journal vous donne le sentiment que le Camino vous appelle, mais que vous avez encore besoin d’y voir un peu plus clair, commencez par le guide gratuit.
Notes du jour